Jean Moreau

Jean Moreau programme IESA start

RIEN ne remplace la motivation !

Présentation

Serial entrepreneur & coach pour le Programme IESA START

    Parlez-nous de votre parcours. Pouvez-vous présenter en quelques mots ?

    Après avoir terminé mes études à l’ESSEC et à Sciences-Po, je me suis naturellement dirigé vers la banque d’affaires, et plus spécifiquement vers le métier d’analyste en fusions – acquisitions. Si travailler en banque d’affaires apporte son lot de privilèges (formation, prestige, diversité des missions, conditions de travail, rencontres, rémunération, …), les inconvénients sont non-négligeables : les nuits blanches et week-end passés à travailler, les dîners en tête-à-tête avec mon clavier, les coups de fils à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, la dictature de clients exigeants… Quand bien même je n’étais pas fondamentalement malheureux, le plus gênant à mes yeux était le manque de sens de mon métier.

    Ma démarche a donc été celle d’une quête de sens : comment mettre les compétences acquises au sein de cette exigeante structure au service d’un projet plus utile, d’une cause plus "noble" ? J’ai donc commencé à parcourir les profils LinkedIn de mes contacts, essayé de trouver des profils inspirants et des jobs plus épanouissants. Puis j’ai tâché d’avancer vers une conception du travail plus libératrice qu’aliénante, tenté de me construire un parcours moins balisé et plus original, en y injectant dans la mesure du possible une dose d’intérêt général.

    Ainsi est née PHENIX, une entreprise sociale que j’ai co-fondée avec mon associé Baptiste Corval, et qui se fixe comme mission d’aider les entreprises à réduire le gaspillage à travers une plateforme digitale innovante. Concrètement, nous donnons une 2è vie aux invendus des magasins, à travers plusieurs filières, et notamment le don aux associations caritatives. Un projet à la fois social et environnemental, qui correspondait à mes aspirations, et qui nous permis au passage de créer 80 emplois en 4 ans !

    Comment s’est construite la création de Phenix ?

    La volonté de trouver un projet ayant un impact social et environnemental a été le fil rouge de ma "reconversion". Avec mon associé Baptiste Corval, en s'est tout d'abord attaqué à la problématique du gâchis au niveau des consommateurs, en cherchant à valoriser en don via une application les restes des frigos, avant les départs en vacances, les départs en week-end. On voulait mettre un terme à l'aberration du gaspillage et libérer les énergies pour de petits actes solidaires au quotidien.

    Comment le projet a pris vie (vos démarches auprès des financeurs ou autres) ?

    Lorsque nous avons lancé PHENIX, le plus grand défi a été d’apprivoiser deux mondes que je ne connaissais absolument pas : celui des associations caritatives d’une part, et celui géants de la Grande Distribution d’autre part. Ses process, ses cycles de vente, ses circuits de prise de décisions… Tant de notions que nous avons donc apprises sur le tas.

    En tant que jeune startup, il est difficile de faire bouger un secteur aussi bien installé et concurrentiel que la Grande Distribution (une dizaine d’enseignes, 650 000 emplois en France…), et qui peut avoir tendance à être averse au risque pour de nombreuses raisons, notamment le fort encadrement juridique et sanitaire. Nous avons donc dû nous adapter à ces spécificités, en proposant par exemple un modèle « au succès » de notre solution, c’est-à-dire que nous nous engageons à prendre une commission sur les gains des magasins qui nous font confiance. Ainsi, nous leur garantissons que si notre solution ne fonctionne pas, ils n’auront rien à payer. Un modèle économique audacieux et un pari risqué qui a depuis fait ses preuves, puisque nous travaillons aujourd’hui avec près de 1 000 magasins en France.

    Nous avons traversé ces derniers mois la phase de « Changement d’échelle » de PHENIX, notre quotidien est donc actuellement fait de structuration, de mise en place d’outils de gestion, de définition d’une grille de salaires, d’un organigramme de fiches de postes précises, de nomination d’une strate de management intermédiaire : bref, toutes les réjouissances d’une TPE/PME qui grossit et se structure !

    Dans quelle formation enseignez-vous à l’IESA multimédia ? Et pourquoi avoir choisi d’être coach pour le programme IESA START ?

    J'interviens depuis 2017 auprès des étudiants en 3ème année du Bachelor Web et des 1ère année Mastères.

    J'ai apprécié le contact avec la direction, et l'approche pédagogique de l'école, très ancrée dans le concret, et très à l'écoute de la culture entrepreneuriale / startup. La formation me semble bien correspondre aux attentes des employeurs, et bien préparer les étudiants aux métiers de demain.

    Comment concevez-vous votre rôle auprès des étudiants ?

    J'essaye de trouver le bon dosage entre une approche "théorique", et de vrais retours d'expérience concrets en tant qu'entrepreneur. Je tâche de mettre en perspectives les concepts et leur application réelle dans la "vraie vie" de l'entreprise.

    Je pense avoir un rôle de coach, je m'efforce d'être accessible et disponible en dehors des cours pour des sessions de mentorat. Mon rôle est de leur expliquer que c'est possible, et si jamais la trajectoire que l'on a eu la chance de connaître avec PHENIX peut inspirer et susciter quelques vocations, tant mieux !

    Auriez-vous des conseils à donner aux étudiants souhaitant réussir dans le secteur digital ?

    Mes quelques conseils, en vrac :

    • Faire preuve d’une résilience à toute épreuve
    • Travailler dur et ne rien lâcher
    • Ne pas surestimer la puissance du numérique, qui n’est pas grand-chose sans une bonne équipe derrière
    • Bien s’entourer
    • Rester « focus » sur son cap et ne pas se laisser distraire par l’écosystème
    • Choisir un sujet et un sous-jacent qui vous passionne, et anime en vous le feu sacré : RIEN ne remplace la motivation !

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